Ronald Ryfer : Bakfull, la bière chabine

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Ronald est un jeune entrepreneur à l’origine de Bakfull. Créée avec son ami Aurélien, leur entreprise se fraie un chemin aux Antilles et en Europe, sur ce marché très concurrentiel qu’est celui de la bière.

Bonjour Ronald, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Bonjour à tous, je m’appelle Ronald Ryfer, j’aurais 24 ans cette année. Je suis originaire de la Martinique mais je vis à Paris depuis maintenant 5 ans. Je suis un des co-fondateurs de Bakfull qui est une nouvelle marque de bière qui existe depuis Mai 2016, bien que le concept ait bientôt un an.

Quel a été ton parcours avant la création de Bakfull ?

Mon parcours n’a rien à voir avec la bière et le milieu de l’agroalimentaire *rires*. J’ai obtenu un baccalauréat Scientifique, puis j’ai fait un BTS Géomètre dans les Travaux Publics et j’ai terminé mes études par une Licence d’Urbanisme. Ensuite pendant un an et demi j’ai travaillé dans la fonction publique en tant que Technicien Urbaniste et Foncier.

D’où est partie l’aventure Bakfull ?

Aurélien (ndlr: Aurélien Filin, un des co-fondateurs et Président de Bakfull) et moi nous sommes des amateurs de bière, donc on se réunissait tous les week-ends pour boire de la bière chez lui et un jour, un vendredi du mois de Juin plus exactement, on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse quelque chose, mais l’idée de base n’était pas de vendre de la bière. Au début on voulait vendre du bois bandé et après réflexion, on s’est dit « Pourquoi pas vendre une bière à base de bois bandé ? » et l’aventure Bakfull est née.

Pourquoi ce choix du bois bandé ?

On voulait un produit qui soit connu et typique de nos départements, des Antilles, car Aurélien est de la Guadeloupe et moi de la Martinique. Quand un vacancier, peu importe son origine, va en Martinique ou en Guadeloupe, il y a de fortes chances qu’il ait goûté au bois bandé, et c’est quelque chose qu’il apprécie entre autres pour ses vertus aphrodisiaques *rires*

D’où vous est venue la recette de la bière ?

Au départ c’est une bière aromatique au bois bandé, grenade et ananas, mais avant de trouver les ingrédients on a fait à peu près huit dégustations qui ont eu lieu chez Aurélien, chez moi, chez un ami par exemple. La dernière était au VIP Room où on a validé la recette à base de grenade, ananas, bois bandé, mais avant ça on a changé la recette trois ou quatre fois.

Bakfull est une bière « chabine », contrairement aux habituelles « brunes » ou « blondes ». Pourquoi cette dénomination ?

On voulait vraiment que tout dans Bakfull soit représentatif des Antilles : le logo, le nom, l’aromatisation sont vraiment symboliques. Le bois bandé représente la chaleur des îles, le mot « chabine » est propre à notre créole et à nos îles, et pour le logo on s’est inspiré du diable rouge du carnaval qui est aussi un élément de notre culture caribéenne. C’est pour tout ça qu’on a choisi le mot « chabine ».

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Quelles difficultés avez-vous rencontré pour lancer Bakfull ?

Lorsqu’on a voulu créer l’entreprise, il y a eu beaucoup de difficultés financières car on ne trouvait pas de banque qui voulait nous suivre par rapport à notre âge. A cette période j’avais 22 ans et c’est vrai que c’était assez compliqué de présenter notre projet devant des professionnels.

Avec du recul, est-ce que tu dirais que c’est compliqué d’entreprendre en Martinique et en France plus généralement ?

Oui car on voulait produire une bière avec une saveur antillaise mais produite en France, mais étant des jeunes originaires de la Martinique et de la Guadeloupe, on avait du mal à obtenir la confiance des organismes qui nous suivaient. Selon moi c’est une autre difficulté qui est peut-être propre aux entrepreneurs ultramarins.

A quels challenges doit-on faire face quand on a 22 ans et qu’on monte son entreprise ?

Déjà il faut éviter les arnaques ! Ensuite il faut savoir que pour créer une entreprise on peut se faire aider tout au long de la préparation jusqu’à la date de sortie du produit et au départ nous n’étions pas au courant. Au fur et à mesure en se formant nous nous sommes rendus compte du dispositif mis en place par l’Etat qu’il ne faut pas négliger car il permet de faire des économies et d’avancer beaucoup plus rapidement.

Comment s’est composée votre équipe ?

Au début nous étions deux, Aurélien et moi, ensuite nous avons eu un troisième collaborateur, M. Jacques Boulogne, responsable de la partie artistique qui vit actuellement au Québec. Puis lorsqu’on a lancé le produit en Martinique, Thomas Rose nous a suivi pour la partie Antilles. Nous sommes donc quatre collaborateurs à temps plein et nous avons un distributeur qui nous accompagne sur la Martinique, ainsi que sur la Guadeloupe où la bière a été lancée le Jeudi 19 Janvier.

Lors de votre lancement en Martinique il y avait de jeunes DJs, vous sponsorisez la Drink To That, est-ce que c’est important pour vous d’être proches du jeune public ?

On veut se différencier des autres bières présentes en Martinique, que la Bakfull soit accessible à tous. Tant aux jeunes (de plus de 18 ans bien sûr !), qu’aux personnes plus âgées. La Drink To That c’est un évènement peu fréquent sur l’île mais attendu de tous et pour nous c’était l’évènement à ne pas rater, et le nom de l’évènement va bien avec notre image de marque *rires*

Pourrais-tu me raconter un des moments joyeux de ton aventure ?

Il y en a eu beaucoup, mais voir des clients boire ma bière devant moi ça me fait toujours quelque chose. C’est pareil quand je vois ma bière sur la voie publique, même si on ne peut pas le tolérer, assez bizarrement ça me fait plaisir lorsque je vois des Bakfull vides *rires*

Quelle est la suite pour Bakfull ?

Essayer d’abord d’être aussi présents en Guadeloupe qu’en Martinique, puis nous installer à Saint-Martin. Nous voulons être présents sur les Antilles Françaises et pourquoi pas en Guyane. Concernant l’Europe nous sommes présents à Andorre et nous espérons être présents dans tout l’Hexagone mais ce n’est pas gagné.

As-tu d’autres projets en tête ?

Je souhaiterais rester entrepreneur toute ma vie, et j’ai d’autres projets notamment pour l’émancipation de l’entreprenariat chez les jeunes afro-caribéens. Quand je retourne en Martinique et en Guadeloupe, le manque d’entreprenariat de la part de mes confrères m’inquiète et j’ai du mal à accepter de voir quelqu’un d’une autre région investir dans nos îles pendant que nous restons de simples spectateurs. J’aimerais faire en sorte que les jeunes de notre génération se battent pour leurs projets.

Qu’est-ce qui a changé chez toi depuis que tu es entrepeneur ?

On prend des responsabilités différentes. On est toujours dans l’urgence, il faut prendre des risques, sortir de sa zone de confort et mettre tous les moyens en œuvre pour accomplir le projet. C’est très dur mais c’est passionnant. Etre entrepreneur c’est comme une montagne russe, il y a des moments de bonheur et de joie, de peur, de stress, mais il faut croire à son projet pour y arriver.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Si vous n’avez pas encore goûté la Bakfull je vous invite à le faire *rires*. Si vous n’aimez pas je vous invite à boire une bière comme la Bière Lorraine, car il faut que l’économie locale soit plus forte que l’économie extérieure. Malheureusement on pense que le communautarisme est mauvais, mais si on est tous ensemble on pourra faire de grandes choses pour la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et pour notre communauté.

Retrouvez l’actualité de la bière Bakfull ici:

Site internet: http://bakfullbeer.com/

Facebook: https://www.facebook.com/bakfullbeer/

Twitter: https://twitter.com/bakfullbeer

Instagram: https://www.instagram.com/bakfullbeer/

Merci à Ronald d’avoir répondu à nos questions, ainsi que pour le temps qu’il nous a accordé. Nous souhaitons bon courage à toute l’équipe de Bakfull pour la suite de leur aventure. 

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