Olivia Nidaud : La danse pour profession

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Crédit Photo : de Rio du Chateau. Styliste : Krystel Markos.

Faire de sa passion son métier, qui n’en a jamais rêvé ? Acceptée à Alvin Ailey, prestigieuse école de danse de New-York, Olivia a besoin de notre solidarité pour réaliser son rêve et poursuivre son parcours :

Bonjour Olivia, pourrais-tu te présenter aux lecteurs ? 

Bonjour, je m’appelle Olivia, je suis danseuse en formation et je danse depuis que j’ai 6 ans.

Ton projet est d’intégrer une école de danse à New-York, peux-tu m’en dire plus ?

L’école s’appelle Alvin Ailey School, c’est l’école de formation d’une compagnie moderne très connue dont le nom est “Alvin Ailey” justement et qui est la deuxième plus grande compagnie des Etats-Unis, et était à la base la seule compagnie afro-américaine. C’est une école de modern, de jazz. Ce qui m’intéresse surtout c’est qu’ils y apprennent la technique du “Horton”, et c’est la seule école au monde qui forme professionnellement à cette technique. Certaines personnes m’ont dit qu’elles trouvaient mon projet coûteux, c’est compliqué parce que c’est aux Etats-Unis et les démarches sont complexes, mais les autres écoles ne font pas la même chose. Cette école est vraiment de haut niveau et très prestigieuse.

Est-ce que le côté afro-américain de l’école était déterminant pour toi ?  

Déterminant non, parce que quand on est en Martinique et qu’on prend des cours de danse avec ses copines, on ne se dit pas que la couleur importe. Au fur et à mesure en grandissant, on se rend compte que les modèles en classique sont Blancs. Au début ça ne me choquait pas mais ensuite j’ai constaté qu’en classique ils ont du mal avec les danseurs Noirs, et plus avec les filles qu’avec les garçons. Quand je suis arrivée à Paris j’ai découvert que le modern et le jazz étaient plus ouverts aux danseurs Noirs. Ensuite j’ai appris qu’Alvin Ailey était, au départ, exclusivement Noire et non ouverte aux Blancs parce que dans les autres compagnies on faisait la même chose aux Noirs. Maintenant ils sont plus ouverts mais il faut quand même être très fort en tant que Blanc pour y être accepté. Pour l’école les choses sont plus simples à ce niveau.

Quels styles de danses pratiques-tu ?

J’ai commencé avec la danse classique à 6 ans en Martinique avec Natasha Patissier et quand je suis partie à Paris, j’ai commencé le contemporain, le modern et le jazz. D’ailleurs ces deux derniers sont différents du modern jazz !

En tant que danseuse, tu te considères plus comme une artiste ou une sportive ? Ou les deux à la fois ? 

C’est une excellente question ! *rires*. Au départ comme une sportive, parce que je suis la fille d’une prof de sport et j’ai fait beaucoup de gym, de GRS (Gymnastique Rythmique et Sportive) et ça touche plus au milieu sportif. Le côté artistique de la danse je l’ai perçu plus tard et j’avoue que maintenant je cherche l’artiste que je suis, plus que la sportive. Les danseurs sont des athlètes qui mettent leurs performances physiques au service de l’art, on ne peut pas dissocier les deux.

A quel moment as-tu voulu faire de la danse ta profession ? 

Je dirais en 3ème, parce que j’avais fait un congrès de salsa qui avait eu lieu à l’Espace DD à l’époque et je me suis dit “C’est génial ! Ils dansent, ils voyagent dans le monde entier pour donner des spectacles”. De là je me suis décidée à partir à Paris après ma 2de.

Quelles écoles as-tu fréquentées une fois à Paris ? 

Il y a eu le Conservatoire Municipal de Massy-Palaiseau en 1ère, après j’ai passé une audition pour l’école Rick Odums où j’étais en horaires aménagés (comme dans un pôle sportif) où j’ai passé un baccalauréat L spécialité Arts-Danse. A ce moment là, ça a vraiment été officiel parce que j’ai passé un bac qui est “orienté”, et le coefficient total des épreuves de Danse était de 9. Finalement j’ai voulu découvrir le contemporain donc j’ai passé une année dans une école de contemporain.

Comment s’est passé le processus de recrutement à Alvin Ailey ?

Alors déjà il faut déchiffrer tout ce qui se passe sur le site internet de l’école parce que je suis à l’aise en Anglais mais c’est quand même difficile, parce qu’il y a beaucoup de démarches et de questions. Je me suis inscrite à l’audition qui se déroulait à New-York en Mars. J’y suis allée avec une amie de l’école, on nous a demandé d’exécuter quelques exercices assez simples. J’ai été très surprise de voir la simplicité de ce qu’on nous demandait dans ce genre de situations, tout danseur se dit que c’est tellement simple qu’il n’as pas le droit à l’erreur, mais c’était vraiment une bonne expérience !

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Crédit Photo : de Rio du Chateau. Styliste : Krystel Markos.

As-tu déjà une idée de ce que tu voudrais faire après l’école ? 

J’aimerais soit intégrer la compagnie « Alvin Ailey » elle-même ou une des nombreuses  compagnie de New-York. Si j’ai des opportunités en France pourquoi pas. Je ne ferme aucune porte, on verra !

Tu as lancé une cagnotte pour financer tes frais, peux-tu m’en parler ? 

Il y a maintenant deux mois, j’ai créé une cagnotte sur Leetchi car l’année scolaire là-bas demande un budget de 36 000 euros. Au départ j’ai envisagé de voir avec la banque qui m’a totalement fermé les portes, donc dans l’urgence j’ai ouvert la cagnotte. Elle a bien avancé, j’ai des aides extérieures. Il y a quelques semaines j’ai fait une vidéo pour expliquer à quel niveau on en était et qu’il fallait continuer à participer et partager. Aujourd’hui les démarches de visa ont pu commencer. L’objectif est de 15 000€. En effet nous avons en tout 21 000€ !

Jusqu’à quand peut-on y participer  ? 

La cagnotte est ouverte jusqu’au 15 août, on peut aussi me contacter sur ma page Facebook « Olivia.N.». Certaines personnes m’ont dit qu’elles ont peur des sites (Leetchi est un site très sécurisé) et ne veulent pas participer sur internet. Il est possible de me contacter aussi pour ceux qui auraient des contacts d’entreprises ou autre. Pour le moment je suis encore à Paris (je serais en Martinique dès le 22 juillet). En Martinique je souhaite participer à des évènements et que les gens me voient un peu pour stimuler l’engouement pour la cagnotte. Afin qu’ils puissent mettre un visage et une personnalité sur mon projet, « voir ce que je vaux ».

Tu as également créé une association nommée O.L.I.V.I.A, que peux-tu me dire à ce sujet ? 

Ça s’appelle O.L.I.V.I.A pour « Oser Lancer des Initiatives et Valoriser les Identités Audacieuses ». On a créé l’association car il est plus facile  pour des entreprises ou des professionnels qui voudraient aider de passer par une association. Dans la continuité je me suis dit que si d’autres jeunes « domiens » veulent suivre la même voie que moi plus tard, ce serait bien qu’il y ait l’association pour les aider. A l’heure actuelle il n’y a pas grand chose pour la professionnalisation de la danse en Martinique. Il y a heureusement des gens qui essaient et qui doivent continuer leurs efforts mais on n’y est pas encore. Le but de l’association est d’aider les gens qui justement, lancent des initiatives audacieuses comme la tienne par exemple, peu importe le secteur. La « devise » de l’association est que « Le possible n’offre que peu d’avantages. Viser l’impossible est plus intéressant. » Cette phrase m’a beaucoup motivée. On sait que quand on vise quelque chose, on retombe un peu plus bas donc si on vise déjà plus bas sous prétexte que c’est impossible, on se retrouve au ras du sol !

Que t’as appris cette expérience associative ? 

Pour le moment je n’ai pas encore cette expérience car l’association est en Martinique et c’est ma mère qui s’en occupe, mais je vois déjà beaucoup de possibilités. Notamment une amie qui est déjà dans une école et qui elle aussi a des difficultés à cause du coût mais qui m’a beaucoup aidée dans mes démarches. Il y a également un garçon qui s’appelle Iman et qui a gagné le concours du CND (Centre National de la Danse) cette année et qui rêve d’être danseur. Sa mère m’a contactée et m’a proposé son aide. L’association me permettra de l’aider à mon tour et pourquoi pas le motiver grâce à mon parcours.

As-tu eu parfois l’envie de tout abandonner ? 

Des fois c’est si dur que l’idée m’effleure ! Mais à chaque fois que cette idée m’est venue, je me suis remotivée très vite. Quelque soit le domaine qu’on choisit il y aura toujours un moment où il faudra se dépasser et s’accrocher. « Show must go on ! »

Pour quand est prévu ton départ pour les Etats-Unis ? 

Aux environs du 15 août, la pré-rentrée est le 30 août et il faudra que je trouve un logement, ce qui peut prendre du temps.

Aurais-tu un mot de la fin pour les jeunes qui voudraient suivre ton exemple ? 

Il faut se donner à fond, avec du coeur et viser l’excellence. Chaque jour faire mieux que la veille. On est notre pire ennemi mais surtout notre meilleur allié.

Vous pouvez suivre l’actualité d’Olivia sur sa page Facebook et participer à sa cagnotte en suivant ces liens :

Cagnotte Leetchi : “Alvin Ailey pour Olivia

Facebook : Olivia.N.

Merci à Olivia pour avoir répondu à nos questions, ainsi que pour le temps qu’elle nous a accordé. Nous lui souhaitons bon courage pour la suite de son aventure.

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