Kaytleen Avenel : Une Antillaise aux Beaux-Arts de Bruxelles

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Kaytleen est une jeune martiniquaise qui a décidé de faire de l’art son domaine d’études. Passionnée d’art, de voyages et de photographie, elle a également créé son blog personnel:

Bonjour Kaytleen, peux-tu te présenter aux lecteurs?

Bonjour, je m’appelle Kaytleen, j’ai 21 ans et je suis étudiante à l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles.

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Quel a été ton parcours jusqu’à maintenant?

Mon Bac en poche, j’ai quitté ma petite Martinique à 17 ans pour de nouvelles aventures sous la grisaille européenne. Quitter le domicile familial aussi jeune m’a vraiment forgé; il faut apprendre à se débrouiller, gérer son budget et sa flemme de se lever à 6h en plein hiver. Il faut aussi gérer seule les déceptions, remise en question, et ne jamais perdre de vue ses objectifs.

D’où t’est venu cet amour pour l’art?

Je crois que c’était inscrit dans mes gènes *rires*. D’aussi loin que je me souvienne, j’étais une petite plutôt introvertie, souvent plongée dans mes carnets et mes bandes dessinées. J’essayais de me créer une nouvelle réalité, un autre monde, qui me ressemblait davantage. Plus tard, je me suis d’abord prise de passion pour la culture asiatique, puis par la suite les arts graphiques et l’Art Nouveau, avec pour modèles des artistes comme Klimt, Mucha, Egon Schiele, Krystal Kung, , Gabriel Moreno, entre autres…

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Quand as-tu décidé de faire une école des Beaux-Arts?

Après un échec. A vrai dire je me destinais, avant d’entamer une école d’art, à terminer un cursus universitaire en Esthétique et Science de l’art à la Sorbonne, mais j’ai été RE-CA-LÉE comme une malpropre. Tchiiiiip. 

Mon plan B était de passer un concours aux Beaux-Arts de Bruxelles en Septembre, seule école publique à faire passer ses tests d’admission en début d’année scolaire…Ni une ni deux et sans plan C, j’ai pris mon bus pour Bruxelles… et j’ai réussi.

Coup du destin ?

Pourquoi la Belgique? Etait-ce un choix ou un simple hasard? 

Je me demande moi-même qui m’a envoyé là, haha !

Le hasard m’y a conduit, mais les rencontres et le dynamisme culturel de la ville de Bruxelles en font une expérience très enrichissante.    

As-tu une idée de ce que tu voudrais faire après tes études?

Un tour du Monde!

Vraiment, la vie est tellement surprenante et imprévisible que je ne sais pas où je me retrouverais dans quelques années. Je sais ce que je ne voudrais pas en tout cas: m’enrôler dans un quotidien chiant, monotone, où je suivrais le mouvement comme tout le monde et ne profiterais de la vie que lors de mes deux semaines de congés payés par an… Au secours !

Je rêve d’une vie libre, enivrante, loin de toutes contraintes sociales ou idéologiques, où je continuerais d’apprendre et d’enrichir ma pratique artistique.

Dans un endroit chaud si possible, parce que man koumencé bon épi frédi ta la !* 

(*Pour ceux qui ne comprennent pas le créole: “Je commence à en avoir plus que marre du froid !”)

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Tu as donc un blog nommé “Confession d’une fille pourrie“. Quel était ton but en le commençant?

M’amuser. Et, tant qu’à faire, essayer d’amuser les autres aussi. L’écriture est pour moi une forme d’exutoire; ainsi si je peux être une pause décomplexée dans le quotidien d’une personne ou deux, alors cela m’est gratifiant.

 

Pourquoi avoir choisi ce nom et cette auto-dérision?

Confession d’une fille pourrie, c’est l’histoire de mon moi caché, tapis dans l’ombre, qui révèle aux yeux de tous l’être profondément bordélique, borné, orgueilleux et cynique que je suis. En fait, il y a une fille pourrie cachée en chaque femme, on n’est pas (seulement) des princesses ! Et puis, tu sais comme aux Antilles on a cette tendance à “malparler” sur tout ce qui bouge… eh bien moi, ça m’a inspiré ces confessions. On y trouve voyages et état-d‘âmes illustrés, en toute honnêteté !

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Toutes les illustrations sont de toi, est-ce ton moyen d’expression favori?

Je suis en plein développement de ma pratique artistique, j’ai encore une multitude de mediums et de supports à découvrir, mais il est vrai que pour l’instant l’illustration y tient une place privilégiée. La gravure aussi. Et la peinture. Et le collage. Et le Body Art. Argh !

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Tu as eu l’occasion de collaborer avec le site internet Mr Afropolitan?

Les réseaux sociaux sont un outil d’auto-promotion incroyable, ainsi c’est par le biais d’un groupe Facebook dédié aux blogueurs afro que j’ai pu gagner cette petite visibilité qui m’a permis d’être contactée par Paul-Marius (fondateur de Mr Afropolitan), et son concept “d’Afro-dandy” qui m’a tout de suite plu !

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As-tu d’autres projets de collaborations? Y a-t-il des gens avec qui tu voudrais travailler?

Étant dans un collectif Afroféministe, je suis amenée à réaliser plusieurs visuels mais aussi à m’immerger dans plusieurs domaines: le milieu associatif ou celui de la mode par exemple. Je suis tout à fait ouverte aux projets nécessitant la réalisation d’illustrations ou d’affiches, ils me permettront de développer et d’enrichir davantage ma pratique 🙂

Tu es également passionnée de voyages, y a-t-il des pays qui te font rêver ?

L’Inde, l’Ethiopie, la Nouvelle-Zélande… Des territoires magiques et lointains, en somme.

Selon toi est ce que les jeunes antillais sont assez informés sur les études d’art?

Les plus ambitieux, oui !

Bien sûr au lycée, il ne faut pas compter sur les professeurs ou, pire, les conseillères d’orientations pour t’aider à y voir plus clair dans la jungle des études supérieures. On ne peut compter que sur soi-même. Ceux qui veulent aller loin savent où chercher, et où trouver les informations. Internet et ses forums miséricordieux sont d’une grande aide. Mais s’informer n’est pas le plus difficile; ce qui l’est, c’est de se lancer.

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As-tu eu peur avant de faire ce choix par rapport aux débouchés?

Absolument pas.

Entre passion et sécurité, il faut choisir la passion. Si on galère, on se consolera tous les jours en consacrant notre temps précieux à quelque chose que l’on aime.

À la base, devoir trancher à 18 ans ce qu’on fera pour les 40 prochaines années est à mes yeux un non-sens absolu. Car il n’y a pas qu’un chemin tout tracé, et même, la vie serait bien triste s’il en était ainsi. Malheureusement je remarque que beaucoup de jeunes empruntent des filières qui ne leur correspondent pas, simplement pour rentrer dans la norme études sup-salariat-voiture-maison qui semble être la sacro-sainte voie à respecter pour ne pas être un paria dans cette société, et la pression est d’autant plus forte pour les jeunes antillais qui s’expatrient en Métropole et doivent redoubler d’effort pour ne pas décevoir leurs parents.

Aimerais-tu revenir faire ta vie en Martinique?

Oui. Mais pas avant d’avoir fait deux fois le tour du Monde !

Je ne peux pas faire le choix conscient de m’enfermer sur une île minuscule alors qu’il y a tant de choses à voir sur notre immense planète… Mais une fois forte de mes aventures, je suis prête à revenir apporter mon expérience, et profiter de la qualité de vie miséricordieuse qu’offre notre belle Martinique.

Mot de la fin?

Je dirais qu’il faut prendre le temps pour soi; se connaître, s’écouter, formuler ses priorités. Il n’y a pas de course à la réussite, et nous seuls savons ce qui est le mieux pour nous.

“Un égoïsme intelligent conduirait l’Homme aux plus hautes vertus” disait Alfred Capus…

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Retrouvez l’actualité de Kaytleen ici:

Blog : Confession d’une fille pourrie 

Facebook : Confession d’une Fille Pourrie 

Instagram : k4yk0o

Nous tenons à remercier chaleureusement Kaytleen pour le temps qu’elle nous a accordé afin de répondre à nos questions. 

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