Yannick Jotham : “Carter”, le transport Antillais 2.0 

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Carter est la première application développée par la société An Sav Fè Sa, basée en Guadeloupe. Leur pari ? Apporter une réponse aux problèmes de transports que connaissent les îles de la Caraïbe :

Bonjour Yannick, pourrais-tu te présenter aux lecteurs ?

Bonjour, moi c’est Yannick Jotham, co-fondateur de la société An Sav Fè Sa avec Alicia Hadjard.

“An Sav Fè Sa”, qu’est-ce que c’est ?

En 2014 nous avons eu l’idée de créer une plateforme qui mettrait en relation les compétences et la demande. Un peu sur la même idée que vous d’aider des gens qui veulent créer des choses. On s’est dit qu’il y a déjà de la compétence et de la demande mais que ce qu’il manquait c’était un acteur pour faire le lien entre les deux. On a ensuite décidé de travailler secteur par secteur pour que ce soit plus pertinent. On a ensuite réalisé une étude de marché pour savoir par quel secteur commencer et c’est de là qu’est né Carter en 2016.

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Yannick (G) – Alicia (C) – Mathieu (D) composent l’équipe d’An Sav Fè Sa

Quel est le but de Carter ?

Carter c’est une application proposant des chauffeurs privés à la demande, mais c’est également un service de co-voiturage. Nous voulons faire bénéficier à ceux qui ont des cartes de VTC, de capacitaire, ou de taxis, d’un service beaucoup plus poussé avec l’application pour augmenter leur chiffre d’affaires : géolocalisation, paiement en ligne etc et les mettre en relation avec les clients Carter. Concernant le co-voiturage, cela touche tous les particuliers qui souhaitent partager leur trajet, ils pourront le faire plus facilement avec l’application Carter.

Quelle est la différence entre Carter et une application comme Uber ou Heetch ?

Dès le départ on n’a pas voulu faire une application “uber-like”. C’est une application qui ne va pas consommer énormément de données car aux Antilles le réseau est moins développé et on veut aussi que ce soit quelque chose qui soit utilisé quotidiennement. Ensuite, faire une application de chauffeurs privés uniquement ne répondait pas à la problématique du transport. Ce que recherche la clientèle ce sont des moyens alternatifs de transports. Allier les chauffeurs privés et le covoiturage permet vraiment de répondre à l’ensemble des besoins.

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Pourquoi commencer par le transport justement ? Même si en tant qu’antillais, on peut très bien imaginer !

Effectivement ! *rires*. Lorsqu’on a pris la décision de se développer plateforme par plateforme on a définit un plan sur plusieurs années avec plusieurs applications. Le but était de commencer avec une application qui poserait les bases pour les autres. Commencer avec le transport permettait de gagner en crédibilité et montrer que nos applications ont pour ambition de répondre à des enjeux tout aussi importants.

Comment sont formés les chauffeurs Carter ?

On a lancé tout un plan de formation, avec des sessions de recrutement sur une longue période pour avoir des jeunes motivés qui souhaitent se former. On a fait un partenariat avec Pole Emploi pour que leurs formations de chauffeurs VTC soient financées. Cette formation va se passer à la Chambre des Métiers. Ensuite ils passeront par tout un circuit pour qu’ils obtiennent leurs véhicules à des tarifs avantageux. Et enfin ils auront une formation Carter avant d’intégrer l’application.

Comment se passe le paiement pour l’utilisateur de l’application ?

On a une application intégrée à la nôtre qui s’appelle “Mangopay” et qui permet un paiement sécurisé et rapide. Au préalable l’utilisateur devra inscrire ses coordonnées bancaires et lorsque la course est finie, le paiement est dirigé directement vers le chauffeur.

Vous avez lancé une campagne de crowdfunding qui a été une vraie réussite avec près de 300 contributeurs. Quelles conclusions vous en tirez ?

Depuis le départ on est convaincu que l’entreprise aux Antilles est en train de changer. Il y a de plus en plus de start-up qui se développent et tout un système qui évolue autour. Quand on a lancé la campagne, beaucoup de gens nous ont dit que le crowdfunding n’était pas approprié aux Antilles. Au final ça nous a vraiment confortés dans notre idée que les choses évoluent. L’objectif d’An Sav Fè Sa c’est aussi de développer cet écosystème de start-up pour qu’il y ait plus d’acteurs.

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Est-ce que vous avez également suivi le circuit classique avec des banques pour financer le projet ?

C’est en cours justement, on n’a pas choisi un modèle pour en dénigrer un autre. Pour nous la campagne de crowdfunding permettait de passer une “épreuve du feu” pour avoir plus de crédibilité auprès de nos futurs partenaires, ainsi que de créer une communauté. Le plus important c’est la communauté qui va nous suivre et le crowdfunding permet de la créer. Cette campagne c’est aussi leur réussite. Le but est que d’autres entreprises passent par le crowdfunding et on demande à notre communauté de les suivre pour que ce soit quelque chose de vraiment porteur dans l’environnement des start-up.

Quelles ont été vos difficultés jusqu’à maintenant ?

D’abord de changer les idées reçues. Monter une start-up à notre âge ça demande deux fois plus de rigueur pour gagner en crédibilité. Je pense que ce sont des difficultés qui ne sont pas insurmontables. Le passage de salarié comme j’étais avant, à entrepreneur est un passage qui se fait avec beaucoup de choix. Et je pense que la difficulté la plus importante est de faire des choix et les assumer sans perdre de vue l’objectif de son entreprise. Maintenant nos partenaires commencent à rêver et à voir loin, donc ce sont des signes comme ça qui montrent que ces obstacles là étaient une étape de plus pour réaliser notre objectif qui est totalement réalisable.

Selon toi, est-ce plus difficile d’entreprendre dans la Caraïbe par rapport à l’Hexagone ?

Je pense que ça a ses avantages et inconvénients. Depuis que je suis arrivé en Guadeloupe en Septembre 2016 je vois plus les avantages. On développe le réseau beaucoup plus facilement, on rencontre plus de gens intéressants. En même temps il y a tout à faire ici donc c’est intéressant. En Hexagone l’écosystème de start-ups est plus solide mais il y a plus de concurrence. Le fait de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice au sein d’un marché qui ne demande que ça est pour moi un réel avantage au dessus de tout inconvénient.

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A quel stade en êtes-vous pour le lancement de Carter ?

On avait une phase de bêta en Février/Mars, on a eu environ 120 personnes qui ont utilisé l’application et en fonction de ces retours, on a pu développer la version finale. Le but pendant tout ce mois-ci est de se concentrer sur la version finale pour la sortir le plus rapidement possible.

Dans combien de temps peut-on espérer utiliser l’application ?

Si tout se passe bien on pourra la sortir assez rapidement, en tout cas avant les grandes vacances c’est sûr, mais on n’a pas de date précise.

Quels sont vos objectifs à long terme ?

Pour Carter c’est la démocratisation de nouvelles alternatives de transports. On ne vise pas que les gens qui n’ont pas de voitures, mais on veut pousser les gens à faire du covoiturage, à faire appel à des chauffeurs privés, que ce soit en Guadeloupe, en Martinique ou sur les autres îles. Et puis, Carter c’est le petit frère d’An Sav Fè Sa donc notre but est d’appliquer le même modèle pour sortir les mêmes applications.

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Tu as parlé des autres îles justement, est-ce que vous pensez vous développer dans les autres îles de la Caraïbe, ainsi qu’en Guyane ?

On veut créer des liens entre toutes les îles, francophones ou anglophones. On a l’ambition de s’exporter assez rapidement. Les îles francophones sont le foyer, un socle qui nous permettra par la suite de nous développer sur d’autres territoires.

Est-ce que tu aurais un message à faire passer aux jeunes qui voudraient entreprendre ?

Ce serait de ne pas avoir peur de choix. Si on veut entreprendre on doit faire des choix et je pense que la plus grande des erreurs c’est de ne pas en faire. Après bien sûr il faut les assumer et ne pas abandonner à la première chute. Il y en a qui tombent 7 fois, mais l’important c’est de se relever 8 fois.

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Un mot de la fin pour les lecteurs ?

Je voudrais remercier tous ceux qui nous suivent depuis le départ en 2014, tous ceux qui ont participé à la campagne. Restez prêts, Carter et An Sav Fè Sa arrivent très rapidement ! *rires*

Retrouvez toute l’actualité d’An Sav Fè Sa ici:

Site internet: www.ansavfesa.com

Facebook: An Sav Fè Sa

Twitter: @AnSavFeSa

Instagram: @ansavfesa

Merci à Yannick d’avoir répondu à nos questions, ainsi que pour le temps qu’il nous a accordé, et à Alicia pour sa disponibilité. Nous souhaitons bon courage à toute l’équipe d’An Sav Fè Sa pour la suite de leur aventure. 

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